Je vous souhaite une belle année de la chèvre de bois.
A l’image de ce chevreau, qu’elle inspire à cultiver notre humanité, à soutenir un monde juste et plus délicat.
Vincent Thumelaire
Je vous souhaite une belle année de la chèvre de bois.
A l’image de ce chevreau, qu’elle inspire à cultiver notre humanité, à soutenir un monde juste et plus délicat.
Vincent Thumelaire
« Les concepts de médecine sont des associations d’idées qui collent plus ou moins à la réalité, la réalité est une option. » Dixit Frank Butler
Cette phrase convient à tous les domaines et fait écho à mon admiration de l’aptitude culturelle de l’Asie à rendre l’observation du vivant telle quelle, sans extrapolation.
L’ article donne un coup de pied à la fourmilière: Cette habitude, devenue dogmatique, d’utiliser de la glace et/ou la cryothérapie pour des pathologies aigües et chroniques des tissus mous.
Ce blog se veut abordable avec le minimum de jargon scientifique: Décodons cette illusion. Pourquoi une méthode devient populaire? Et comment elle est démontée massivement par la communauté scientifique.
Soit dit en passant, la médecine chinoise porte le froid en horreur depuis toujours. Il y a une logique à cela et si on ose synthétiser, ça donne ceci: Le mouvement c’est la vie, le froid c’est la mort.
Attention, tout est question de contexte, la médecine occidentale décrit la pathologie de façon inégalable et concentre son intervention sur le symptôme pour soulager la souffrance. Passé un certain stade d’une maladie, cela prend tout son sens.
Ainsi, quelques chirurgiens utilisent le froid pour détruire les tissus anormaux pour des pathologies cardiaques ou des tumeurs de peau bénignes. Le froid est utilisé en réanimation et pour ralentir un métabolisme afin que les cellules se nécrosent moins vite lors d’intervention du coeur.
J’émets plus de retenue mais ne développe pas ici, lorsque le froid est utilisé pour le traitement des maladies dégénératives inflammatoires (psoriasis, la fibromyalgie, l’arthrite…), des troubles circulatoires et pour la récupération du sportif.
Le focus que je fais aujourd’hui sur le traitement des blessures par l’application de la glace permet, j’espère , les recoupements nécessaires pour établir vos conclusions.
Lorsqu’en 1978 le médecin américain Gabe Mirkin invente le protocole RICE (Repos, Glace, Compression et Elévation) pour traiter les traumatismes, il est suivi selon un engouement sans faille jusqu’à nos jours.
La glace ou le « coldpack » est posé sur la zone atteinte pour:
Des suites de chirurgie,
des accidents traumatiques aigüs de types entorses ou suite à des chocs/coups direct,
et aussi pour des pathologies chroniques de sur-sollicitation de types tendinopathies, périostites …
Que l’on soit travailleur manuel ou sportif. Suivant un accident quelconque ou encore à force de répétition de gestes entraînant ce qu’on appelle un « microtraumatisme ». Je pense à mes amis sportifs lorsqu’ils s’entraînent si dur au point d’ endommager leurs muscles, qu’ils sont tentés par l’effet anésthésiant de la glace.
Ce même docteur Mirkin fait marche arrière aujourd’hui et remet en question ses conclusions passées en affirmant que la glace retarde la récupération!
Petite question en passant: Croyez-vous qu’un processus de guérison du corps pour résoudre un problème puisse être une erreur?
Pour tout traumatisme, comme une entorse de cheville par exemple, il y a un dépassement brusque de la capacité d’amplitude des tissus selon une force, une direction et une rapidité de mouvement.
La réaction première est un arrêt bref de la circulation sanguine locale. Ensuite le corps envoie un maximum de fluide contenant des protéines et minéraux comme un emplâtre pour soigner la partie abîmée. En additionnant la tension, ces liquides agissent comme un bandage stabilisant.
Encore une fois, pensez-vous que ce phénomène de gonflement ait un sens?
Dans son ouvrage (« Iced! The illusionnary Treatment Option »), Gary Reinl fait référence à 25 études cliniques d’ experts sur le sujet. Toutes ces sources récentes, ont la même conclusion sans exception:
On peut voir une inflammation sans guérison, on ne peut guérir sans inflammation.
GUERIR NECESSITE UNE INFLAMMATION.
Quand les muscles ou autres tissus sont lésés, le système immunitaire envoie des cellules inflammatoires vers le territoire touché.
C’est en fait la première phase de guérison, la deuxième est la réparation et la troisième le remodelage. Ce n’est pas une option éventuelle, on ne peut échapper à ces trois phases. Si on tente d’échapper à la première, on empêche les deux autres! Pourquoi ferions-nous cela?
Et bien l’application de froid brise ce processus! La glace empêche les cellules de guérisons d’atteindre la zone affectée, simplement par la constriction des vaisseaux sanguins coupant ainsi l’arrivée de la circulation. Cette baisse de la circulation peut entraîner la mort des tissus voire causer des dommages irréversibles aux nerfs.
LA GLACE REDUIT LA FORCE, LA VITESSE, L’ ENDURANCE ET LA COORDINATION
Le froid ralentit la conduction nerveuse et inhibe le métabolisme (catabolisme et anabolisme) nécessaire au fonctionnement humain. La glace est pourtant utilisée pour que l’athlète retourne au jeu…plus vite…
Je rebondis ici avec un principe utilisé en médecine traditionnelle chinoise: « BU TONG ZE TONG » qui se comprend par: Toute entrave de la circulation entraîne une douleur. En d’autre terme, si on restaure la circulation, les tissus se régénèrent.
La médecine occidentale à tendance à stigmatiser l’inflammation.
La liste qui suit, reprend ce qui empêche l’inflammation et retarde le délai de guérison:
L’application de la glace. Les médicaments à la cortisone, les anti-douleurs, les Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les immunosuppresseurs.
Et tout ce qui bloque la réponse immunitaire vers la région touchée, en empêchant le signal naturel de répondre au problème.
Pour la solution, décongestionner la zone atteinte est souvent la clé. Les AINS font-ils cette décongestion? La réponse est non.
Il n’y a qu’une voie pour que ces déchets s’évacuent lorsque la zone est régénérée: le réseau lymphatique ( bonne explication sur wikipedia).
Je signale au passage que le réseau de canaux d’acupuncture à tout à voir avec les liquides du corps et l’objectif majeur est de restaurer la circulation là où elle stagne, entende qui le peut!
Une étude australienne montre que l’ibuprofen arrête la production des fibroblastes ( bonne explication sur wikipedia) . Mais lorsque les tissus sont déchirés, ils ont besoins des fibroblastes!
Notons qu’en plus, les AINS empêchent la consolidation osseuse en cas de fracture.
Les sportifs utilisent aussi ce type de médicament pour la récupération entre les efforts ou à titre préventif, alors que la prise de médicament court-circuite des cascades de réactions physiologiques et fragilise la musculature. Je ne vous parle pas de la réaction négative qui intéresse la sphère digestive.
LA GLACE ENVOIE LES DECHETS DANS LA MAUVAISE DIRECTION
La glace inverse et empêche le drainage lymphatique et repousse les liquides vers les espaces interstitiels, ce qui augmente la perméabilité lymphatique.
Qui dit perméabilité dit que les liquides s’accumulent davantage dans le secteur, augmentant à terme le gonflement.
La glace augmente le gonflement et retarde la destruction des déchets!
Avec la glace, il y a guérison incomplète; le taux de chronicité est plus élevé. La glace empêche le renouvellement de matériaux nouveaux par ralentissement du métabolisme.
Une autre observation significative est que la zone reste froide longtemps après l’application, il y a une hypothermie locale. Cela favorise la survenue de ce qu’on appelle un syndrome BI en énergétique traditionnelle chinoise, vulgairement « rhumatisme » pour que vous compreniez.
Juste un commentaire sans développer davantage sur les autres « lettres » du protocole RICE: Le repos complet n’est pas favorable, l’immobilité stricte est néfaste et le mouvement intelligemment réalisé est salvateur.
Combattre un symptôme à l’aide d’une molécule ou d’une technique sans prendre en considération toutes les implications de son introduction dans l’organisme, c’est faire le lit des symptômes qu’on est censé vaincre. Cette quête de soulagement retarde la manifestation d’un malaise qui ressurgit plus tard sous-forme plus violente.
En résumé: La glace ne fonctionne pas car elle s’oppose à la façon dont le corps répond.
Si je démantèle cette « période glacière », c’est avec optimisme car il existe d’autres perspectives; d’autres solutions.
L’énergétique traditionnelle chinoise en est une. En effet, elle est remarquable pour traiter les traumatismes puisqu’elle s’est développée à une période ou les guerriers blessés ne manquaient pas.
Cette art médical nous enseigne à varier judicieusement les buts du traitement et donc les techniques manuelles et/ou d’acupunctures ainsi que le choix des substances médicinales à appliquer en externe et/ou à consommer par voie orale.
Le tout selon la nature de la blessure et en s’adaptant aux différentes étapes de réparations des tissus.
Je fais l’exercice de définir la médecine traditionnelle chinoise en une phrase:
Une médecine qui accompagne favorablement dans le temps, les processus de guérison du corps, avec un arsenal thérapeutique perfectionné, conditionné par l’aptitude d’un artiste qui sert un raisonnement sophistiqué issu d’un sens de l’observation extraordinaire et dont la qualité de transmission est épatante.
Oui je suis émerveillé!
Merci de votre attention.
Vincent Thumelaire
Des réactions, questions ou témoignages? Exprimez-vous ici.
Bibliographie:
-The American Journal of Sport Medicine, janvier, juin 2013 -Federation of American Societies for Experimental Biology, novembre 2012 -Iced! The Illusionary Treatment Option- Gary Reinl -Cours de Frank Butler et Tom Bisio: Traitement des Trauma par l’application externe de la pharmacopée chinoise -Sport et Vie n°81 -drmirkin.com -British Journal of Sport Medicine 2012 -Journal of Emergency Medicine 2008 -Journal of strength and conditioning 2013
Patient: « Vos plantes chinoises sont-elles sûres? »
Praticien: « Oui à 100% »
Cette réponse affirmative aussi brève ne rassure pas le patient en Belgique où l’utilisation des « plantes » chinoises a mauvaise presse.
Alors étayons un peu pour démystifier, clarifier, rassurer, apaiser et relativiser objectivement les soupçons qui planent. Tentons même d’éclaircir la véracité des accusations lourdes.
TROIS FACTEURS POUR LA SECURITE:
1. La qualité de la plante elle-même
La question de la qualité ne se posait pas il y a 2000 ans mais à l’heure de l’industrialisation agricole et de son utilisation de pesticides et autres agents nocifs, le praticien consciencieux de médecine chinoise travaille en collaboration avec des fournisseurs imposant leurs normes de qualité selon un standard très élevé. Ces entreprises d’importations sont dotées d’une technologie de pointe qui permet le contrôle et donc la garantie sur la qualité. Le producteur local agit en connaissance de cause pour réussir à vendre son produit!
2. La bonne utilisation de la substance
Le bon usage sous-entend le respect intégral des règles établies par le système médical chinois.
Dans la pratique quotidienne, les plantes utilisées sont non-toxiques et visent à renforcer un corps en faiblesse.
Certains praticiens en Chine, pour traiter une maladie grave comme Alzheimer par exemple, vont utiliser dans les remèdes choisis, des substances dites toxiques. Et avec la connaissance approfondie de la nature humaine combinée à la rigueur scientifique qui caractérise leur art, cette toxicité est maîtrisée et inhibée par l’interaction savamment choisie d’autres substances qui composent la formule, par le mode de préparation (PAO ZHI), par le temps de décoction voire d’autres procédés.
3. La pertinence de l’ indication de la dite substance médicinale
Le choix des herbes vient du bilan que le praticien établit selon la dialectique de l’énergétique traditionnelle chinoise.
Notez que la quantification d’un des constituants actifs ne reflète pas de façon objective son efficacité globale.
C’est là que réside la différence avec la médecine dite « chimique ». Par exemple HUANG LIAN (coptis chinensis) et HUANG BAI (phellodendron amurense) contiennent tous les deux de la berbérine et la méthode moderne pour la quantifier est la même pour ces deux plantes.
Bien que cette méthode scientifique puisse contrôler correctement le principe actif de ces deux plantes, elle ne permet pas de différencier les deux substances telles qu’elles sont connues dans la tradition chinoise.
Les praticiens chinois ne remplaceront jamais l’une par l’autre car ils considèrent comme un tout les constituants des produits de la drogue au lieu d’observer la seule berbérine.
HUAN LIAN clarifie la chaleur/plénitude du foyer supérieur et médian (Estomac, foie, coeur).
HUAN BAI traite la chaleur/vide du foyer inférieur (Reins, vessie, gros intestins, et intestins grêle).
En terme de symptôme, l’un traitera les nausées et palpitations et l’autre traitera entre autre, la cystite ou diarrhée. Les cibles seront à la fois multiples et aussi très différentes selon la plante utilisée bien que venant d’une famille analogue.
QUID DES CAS D’INTOXICATION PAR LES PLANTES CHINOISES?
Fin des années 90, plusieurs cas d’intoxication dont deux décès sont survenus à la suite de traitement amaigrissant sous recommandation de médecin conventionnel ou par auto-médication. Ce cocktail amaigrissant contenait des substances appartenant à deux pharmacopées moderne: Poudre de beladonne, acétazolamine, poudre de pancreas, de lamaria, de fucus, et de cascara
et deux substances de la pharmacopée traditionnelle chinoise: Magnolia officinalis-HOU PO, Stephaniae tetrandrae-HAN FAN JI.
Notez que cette dernière plante voulue, à en réalité été identifiée de façon erronée par un médecin non formé correctement en phytothérapie traditionnelle chinoise. La substitution malheureuse s’est réalisée avec un usage irrationnel d’une autre plante: l’ Aristolochia fangchi-GUANG FANG JI qui après enquête sur les agents responsables, est suspectée car contenant des substances neurotoxiques.
A ce mélange détonant se rajoute des injections intradermiques d’extrait d’artichaut et d’ euphylline et un régime stricte basse calorie. Le résultat est une fibrose rénale pour 53 jeunes femmes (possiblement 100) avec en sus un cancer de la vessie pour 18 de ces patientes soumises à ce régime imprudent.
Dans un but mercantile, on a emprunté et sorti de son contexte, une substance en réduisant son utilisation selon une vision étroite qu’offre la grille de lecture scientifique occidentale.
Les trois facteurs de sécurité cités plus haut et qui relèvent de l’art médical chinois, ont tous été bafoués!
1. La qualité de la plante
Une forme synthétisée (poudre cryogénée) a été préférée dans ce cocktail désastreux alors qu’avec la connaissance traditionnelle chinoise c’est la plante brute qu’on utilise. Le risque ici est de détériorer la substance et de produire des effets non-connus par la science traditionnelle chinoise.
2. La bonne utilisation de la substance
Mélange « expérimental » avec la pharmacopée occidentale.
Posologie démesurée.
Durée de traitement démesurée.
Non surveillance régulière des patients confrontés à ce traitement.
Non-association savante de plantes.
3. La pertinence de l’indication de la dite substance
Indication erronée.
CONCLUSION:
On observe le danger que représente non pas la médecine rtaditionnelle chinoise ou ses substances médicinales mais bien l’utilisation hasardeuse par l’industrie pharmaceutique, d’un produit issu de connaissance médicale, physiologique et pharmacologique qu’elle ne maîtrise pas.
Je profite de cette rubrique pour mettant en garde sur l’auto-médication avec des plantes chinoises apparemment anodines comme le ginseng, pour vous présenter les notions qu’un praticien doit maîtriser en plus des interactions médicamenteuses et effets secondaires.
Gardons l’exemple du REN SHEN = ginseng = racine humaine.
Sa qualité et ses propriétés sont modifiées selon:
Son lieu de culture ( N/E Chine, Nord de la Corée, Japon, USA ou CANADA).
Son mode de culture (sauvage, transplanté, cultivé).
Son âge (plus il est vieux plus il est puissant).
et sa méthode de préparation (cru et séché au soleil, cuit à la vapeur, préparé au sucre, utilisation des radicelles uniquement…).
FONCTIONS:
Tonifie fortement le QI
(rappel de ce concept de QI ici: http://www.medecine-chinoise.be/medecine_moderne_chinoise-qi_meridiens_points.awp),
Tonifie la rate et le poumon,
Génère les liquides organiques,
Renforce et calme l’esprit,…
TROPISME:
POUMON et RATE
(notion d’organe en médecine chinoise cliquez ici:http://www.medecine-chinoise.be/medecine_moderne_chinoise-notion_organe.awp)
POSOLOGIE:
Choisie en fonction de la corpulence du patient mais aussi selon le but thérapeutique recherché. Je ne développe pas davantage.
NATURE et SAVEUR:
Doux, légèrement amer, légèrement tiède.
INDICATIONS selon le déséquilibre mis en évidence:
Collapsus de QI et de SANG, asthénie, perte d’appétit, diarrhée,vomissement, insomnie, palpitation, transpiration spontanée, souffle court, perte de mémoire…
(rappel de la notion de syndrome ici:
http://www.medecine-chinoise.be/medecine_moderne_chinoise-concept_syndrome.awp)
Mais aussi LES ACTIONS selon L’APPLICATION MODERNE:
Stimule le Système Nerveux Central en basse posologie et inhibe celui-ci en haute posologie, Immuno-stimulant, favorise la dilatation du col de l’utérus pour favoriser l’accouchement, favorise la fonction hépatique, favorise la glande pituitaire et surrénale,…
INCOMPATIBILITES ALIMENTAIRES:
Navet, radis, rave, thé (diminue l’assimilation des gingénosides et autres constituants du ginseng).
Notez l’absurdité de certains thés au ginseng vendu dans le commerce.
ASSOCIATIONS D’AUTRES PLANTES:
Il est rare d’utiliser un seul remède en phytothérapie chinoise. C’est la combinaison judicieuse de plusieurs plantes qui traite le syndrome de manière harmonieuse.
Par exemple pour traiter la toux, calmer la dyspnée venant d’un VIDE du QI du POUMON, on peut associer REN SHEN radix panacis ginseng à HE ZI fructus terminaliae chebulae qui complète l’action en retenant le QI du POUMON, dissout les mucosités et abaisse le QI (la toux est considérée comme un inversion du bon sens du QI du POUMON).
RESUME POUR UN PUBLIC AVERTI:
Son corps ressemble à un être humain, il est voué à la vie de l’être humain.
Doux, il tonifie fortement YUAN QI ( le QI véritable), équilibre l’esprit, renforce l’intelligence. Il éloigne la mort car c’est un monarque du collapsus du QI.
Il se dirige dans les méridiens du Poumon et de la Rate ( les 2 organes phares du QI).
Les anciens disaient qu’il tonifie le QI véritable des 5 organes.
Tiède il n’assèche pas. A l’inverse, en tonifiant fortement le QI il favorise la production du SANG et des liquides.
Puisqu’il tonifie le QI et le SANG et qu’il se dirige dans le méridien du COEUR, il nourrit le COEUR, calme le SHEN (l’esprit), et renforce l’intelligence.
MOTS CLES:
Collapsus de QI
Vide QI/SANG/LIQUIDES
POUMON/COEUR/RATE
COMPLEMENT D’INFORMATION:
Notez que la « conception organique du corps humain » telle qu’elle existe dans les sciences chinoises influence l’utilisation du remède.
La quantification de l’un des constituants actifs ne reflète pas de façon objective son efficacité globale.
C’est là que réside la différence avec la médecine moderne dite « chimique ».
Par exemple HUANG LIAN coptis chinensis et HUANG BAI phellodendron amurense, contiennent tous les deux de la berbérine et la méthode moderne pour la quantifier est identique pour ces deux plantes.
Bien que cette méthode puisse contrôler correctement le principe actif de ces deux plantes, elle ne permet pas de différencier les deux substances telles qu’elles sont connues en médecine chinoise.
Les médecins chinois ne remplaceront jamais l’une par l’autre car ils considèrent comme un tout les constituants des produits de la drogue au lieu d’observer la seule berbérine.
HUANG LIAN clarifie la CHALEUR/PLENITUDE (dû à un excès d’énergie) du FOYER SUPERIEUR et MEDIAN (ESTOMAC, FOIE et COEUR)
et HUANG BAI traite la CHALEUR/VIDE (dû à un vide d’énergie) du FOYER INFERIEUR (REINS, VESSIE, GROS INTESTIN et INTESTIN GRELE).
En terme de symptômes l’une traite notamment les nausées ou palpitation et l’autre traite entre autre, la cystite ou diarrhée.
Les cibles sont à la fois multiples et aussi très différentes selon la plante utilisée même d’une famille analogue.
Merci de votre attention, n’hésitez pas à poser vos questions.
Emission radio intéressante sur franceculture qui reçoit Cyril Javary venu parler de la culture chinoise ancienne et moderne.
Je vous recommande chaudement cet ouvrage d’Elisabeth Martens.
QUI SONT LES CHINOIS? Pensées et paroles de Chine.
Elisabeth Martens
Edition Max Milo
Comprendre la pensée chinoise est un atout pour notre propre façon de voir le monde. Elisabeth Martens nous en fait la démonstration éclatante notamment via la linguistique si particulière du chinois.
Bonne lecture.
http://www.tiandi.be/index.php/publications/69-publications-qui-sont-les-chinois-paroles-et-pensees-de-chine
Les mots servent à communiquer les idées.
Quand les idées sont comprises, les mots sont oubliés.
Où trouverai-je un homme qui a oublié les mots?
C’est avec lui que je voudrais parler.
Zhouang Zhou 4 siècles avant J.C.
L’acupuncture de maître Tung est une façon d’utiliser l’acupuncture originelle (voir explication ici: http://www.acupuncture-belgique.be/2011/07/lacupuncture-oui-mais-laquelle/) selon la lignée familiale du docteur C.C. Tung.
Je m’efforce d’incorporer dans ma pratique des méthodes issues de la tradition médicale chinoise: non par idéologie mais simplement parce qu’elles répondent à une logique bien concrète et leur puissance d’action est redoutable.
Maître Tung Ching-Chang est originaire du nord de la Chine. Il s’enfuit à Taiwan en 1949 et décède en 1975.
Il est reconnu comme étant l’un des plus grands acupuncteurs.
Il traite 100 patients par jour dans son petit cabinet et doit son succès à l’extrême efficacité souvent instantanée de ses traitements d’acupuncture.
Il utilise peu de points qu’il choisit avec pertinence selon leurs potentialités et souvent à distance du problème.
Ainsi le patient est à même de donner un compte rendu immédiat, ce qui permet de réajuster le traitement au cours d’une même séance. Par exemple pour un problème de nuque on peut choisir des points sur le bas de la jambe ce qui autorise le « mouvement-test » que l’on ne pourrait pas demander si les aiguilles sont placées sur la nuque.
Sa famille transmet cette méthode spéciale de génération en génération depuis au moins 300 ans. Elle intègre les principes de nombreuses écoles d’acupuncture et de médecine chinoise classique.
Docteur Tung révèle le secret familial pour que ce système ne meurt pas et pour que le plus de personnes possibles en bénéficient. Son travail est propagé à travers ses étudiants et les étudiants de ses étudiants. De cette manière, j’ai accédé à ce trésor vivant et intact.
Je suis étonné de la réponse positive que j’obtiens avec ce système très simple. Je l’appelle l’effet « xiao yao san » en référence à cette formule réputée de phytothérapie traditionnelle chinoise, en la prenant elle soulage tant que le patient éclate de rire.
Je constate cet effet avec cette méthode d’acupuncture, certains de mes patients rient aux éclats pour exprimer leur surprise quant à la soudaineté de la délivrance. Ils se reconnaîtront!
Les points utilisés dans cette méthode sont souvent qualifiés de « magiques ». Mais pour arriver à un tel résultat, il faut une compréhension approfondie de la théorie sophistiquée des canaux d’acupuncture et bien assimiler l’approche unique et affinée au cours du temps par la famille Tung.
La plus grande complexité c’est la simplicité.
Appliquée correctement, l’acupuncture de maître Tung est indolore, rapide, efficace et ne nécessite que quelques séances si l’atteinte est aigüe.
Une gamme complète de problèmes peut être traitée incluant les allergies, l’asthme, l’anxiété, l’arthrite, les douleurs de dos et la sciatalgie, la paralysie faciale afrigorée, la bronchite, le canal carpien, l’Hyper Tension Artérielle, le simple rhume ou grippe, la constipation, la diarrhée, les douleurs d’oreilles et acouphènes, l’eczéma, l’acné, psoriasis ou autres problèmes de peau, l’oedème, l’épaule gelée, les migraines, l’impuissance, l’insomnie, la laryngite, les problèmes de règles, la ménopause, les nausées et vomissements, les engourdissements et neuropathies, les douleurs de tous types, les problèmes de prostate, les rhumatismes, le stress, l’accident vasculaire cérébral, le tennis elbow, le syndrome des jambes sans repos, la neuralgie du trijumeau avec quelques aiguilles (cette liste n’est évidemment pas exhaustive).
Bibliographie: Prise de notes des cours de Robert Chu.
Il y a plusieurs façons de pratiquer l’acupuncture. Dans nos contrées, nous sommes même les « champions » dans la diversité des styles.
Une synthèse me semble bien utile pour clarifier les idées:
1. L’Acupuncture « Originelle »:
« Lorsque vous voulez puiser de l’eau d’un puit sec, il faut creuser beaucoup pour y trouver très peu d’eau. Si vous allez à la source, il ne faut pas creuser pour avoir toute l’eau souhaitée » Robert Chu
La source de l’acupuncteur c’est le canal d’acupuncture (voir l’explication de ce concept ici: http://www.medecine-chinoise.be/medecine_moderne_chinoise-qi_meridiens_points.awp). Pour le bilan en acupuncture, on recherche le canal impliqué.
Cette acupuncture dite originelle est une branche de la médecine traditionnelle chinoise.
Elle possède son propre raisonnement qui est basé sur la théorie des canaux d’acupuncture et sur la fonction des points d’acupuncture tiré directement des textes fondateurs de cet art médical.
Cette branche comporte plusieurs « écoles », les méthodes varient mais la source est commune. Malgré leurs caractéristiques propres et différentes et leurs intérêts particuliers, ces méthodes sont liées et se complètent.
Ce style d’acupuncture pratiqué dans les règles est très puissant et grâce à ses résultats, fait la renommée de l’acupuncture depuis ses commencements.
2.L’Acupuncture « Universitaire »:
C’est aussi une branche de la médecine traditionnelle chinoise. En revanche le raisonnement vient d’un autre système de pensée, celui de sa branche soeur; la pharmacopée traditionnelle chinoise.
Cette utilisation qui agit en tant que substitut aux plantes chinoises est bonne mais les résultats sont forcément moins surprenant qu’avec le 1er style cité.
Dans ce style Universitaire on utilise les points selon leurs fonctions mais sans suivre la logique qu’il y a derrière ou en suivant la logique d’un autre système.
C’est un bon système standard. C’est comme l’application d’une recette de cuisine. C’est bien mais un bon cuisinier rajoute une pincée par-ci et une par-là, il ne suit pas la recette d’un autre…
Explication de l’existence de ce style:
La médecine traditionnelle chinoise telle qu’elle se pratique dans le monde est le fruit d’un remaniement important pendant la 2ème guerre mondial sous l’influence de Mao Ze Dong.
Au contact de la médecine moderne occidentale, il a voulu proposer une médecine chinoise unie et moderne.
A cette époque les « guerres de chapelles » étaient légion dans le milieu de la médecine chinoise. Ainsi dans le but de rassembler, le système s’est modélisé en se séparant d’une partie du patrimoine.
La pharmacopée et l’acupuncture ont fusionné. La pharmacopée chinoise a été privilégiée, ce qui explique le niveau d’excellence des médecins chinois d’aujourd’hui pour cette branche.
Ce style est-il encore Traditionnel?
L’appellation « Traditionnelle » que font les occidentaux est trompeuse car aujourd’hui ce qui est enseigné dans les écoles et Universités est un paradigme moderne. De plus si on est traditionnel on suit l’original or dans le terme chinois, il n’y a pas cette notion de Tradition.
Le terme traditionnel est toute fois utilisé pour se démarquer de la médecine moderne conventionnelle, évitant ainsi les confusion dans le grand public.
LE PARADOXE:
Dans nos pays où l’on suit le modèle Universitaire chinois à moitié, se développe une acupuncture selon le raisonnement de la pharmacopée chinoise SANS apprendre la pharmacopée chinoise en elle-même! Au contraire, on essaye de la discréditer. Comprenne qui pourra. C’est ce que j’appelle LE paradoxe.
Avant cette ère de changement moderne, un acupuncteur était formé par un…acupuncteur. Et le phytothérapeute formé par un spécialiste de…phytothérapie. Question de bon sens. Par contre tous les plus grands acupuncteurs, même ceux ayant des résultats époustouflants intègrent la pharmacopée traditionnelle chinoise dans leur pratique. A méditer…
3. L’acupuncture « Scientifique »:
Il s’agit d’une acupuncture selon les indications, les effets et les procédés de la science moderne.
D’après les aficionados de ce style, l’indication principale est la douleur. Expliquant l’action sur le système hormonal, neurologique, sur la détente des tissus environnants, sur les zones réflexes (auriculothérapie)… et utilisant par exemple l’electro-stimulation sur les aiguilles.
La médecine traditionnelle chinoise ayant grandi sans la médecine moderne occidentale, l’apport de la science est intéressante à la seule condition de ne pas oublier les préceptes qui font la richesse de la médecine chinoise.
Mais l’explication d’un système par un autre est périlleux. D’autant que l’intérêt réside dans cette différence pour une réelle complémentarité, sauf si le but est d’absorber un des système par celui qui domine… (voir l’article sur ce sujet http://www.acupuncture-belgique.be/2011/05/medecine-integrative-ou-medecine-absorbante/)
4. L’acupuncture « Version Bis »:
C’est l’acupuncture revue et corrigée par des personnes ayant rarement fait l’effort ingrat d’apprendre la médecine chinoise.
Il s’agit d’invention parfois séduisante en théorie mais sans le recul et l’efficacité clinique que cette médecine a accumulé.
Ce que l’on peut regretter c’est la confusion qui est souvent entretenue en revendiquant les termes d’acupuncture « Traditionnelle » ou sous des termes aussi flous que méthode « Ancestral », le tout entouré d’un exotisme à consonnance asiatique.
5. L’acupuncture « New-Age »:
Ici aussi on emprunte quelques notions à l’acupuncture chinoise et on modifie beaucoup mais cette fois sans s’en cacher.
On fait s’enchevêtrer tel un « patchwork », les croyances de sources diverses.
Les inspirations sont nombreuses et variables, c’est parfois digne du concours Lépine.
La cible visée est: »bien-être »et/ou »spirituel ».
Voilà pour cette petite synthèse. J’espère avoir éclairé votre lanterne…chinoise.
A bientôt.
Vincent Thumelaire